Fantastique, Roman, Science-fiction

[Roman] Le sang jamais n’oublie • Lucie Pierre-Pajot

Hey ! J’essaie de faire de mon mieux pour rattraper mon retard sur mes chroniques — le fait que je bosse pas et que toute distraction est bonne à prendre pour ne pas chercher du boulot m’aide aussi. Ça faisait quelques temps que ce roman me faisait de l’œil même si je savais pas vraiment de quoi ça traitait. La bibliothèque étant un outil formidable, j’ai réussi à mettre la main dessus. La critique en bref :

Première parution : 8 avril 2016 (VF) • De Lucie Pierre-Pajot • Ma note globale : ★★★★☆

J’ai lu l’édition Gallimard Jeunesse (257 pages)

les-mysteres-de-larispem

Résumé

Larispem, 1899.

Dans cette Cité-État indépendante où les bouchers constituent la caste forte d’un régime populiste, trois destins se croisent… Liberté, la mécanicienne hors pair, Carmine, l’apprentie louchébem et Nathanaël, l’orphelin au passé mystérieux. Tandis que de grandes festivités se préparent pour célébrer le nouveau siècle, l’ombre d’une société secrète vient planer sur la ville. Et si les Frères de Sang revenaient pour mettre leur terrible vengeance à exécution?

Mon avis

J’étais hyper curieuse de commencer ce roman. Il faut dire que le résumé est très intriguant : un État où les bouchers sont la « caste forte » ? Des « Frères du Sang » ? Mais qu’est-ce donc que tout cela ? Je savais qu’il y avait un côté un peu steampunk dans cet univers, donc j’avais hâte.

Déjà, l’univers est très prenant et intéressant. Il s’agit d’une sorte « d’univers alternatif », dans lequel la cité de Paris –devenue Larispem — est indépendante du reste de la France : la révolution ne s’est pas terminée comme dans notre chronologie, et le peuple a écrasé la noblesse, obligeant les aristocrates à fuir la ville, ou à abandonner leur statut de privilégiés. On se retrouve donc dans une cité-État au cœur de la France mais totalement autonome ; les allers et venues sont fréquents (l’une des héroïnes vient d’ailleurs de la « province » française) mais on sent une nette séparation entre la population de Larispem et celle de la France. C’est du coup assez déstabilisant, car on a pas mal de repères qui disparaissent, alors que l’action se déroule quand même à Paris, une ville qu’on connaît toutes et tous même sans l’avoir arpenter en long, en large et en travers.

C’est déstabilisant, mais aussi super intéressant comme approche du coup. La noblesse a été totalement anéantie, et sont mis en avant les personnes du peuple, comme je l’ai dit ; de fait, il y a pas mal de choses assez surprenantes, comme par exemple le tutoiement pour tout le monde, y compris les supérieurs hiérarchique, une très grosse surprise pour moi quand un adolescent s’adresse avec un « tu » à son professeur par exemple. Les hommes et les femmes sont aussi traités de façon égalitaire, et je trouve ça super bien pensé et amené. Évidemment, c’est un roman écrit à notre époque avec des réflexions qui sont donc celles du XXIe siècle, mais ça reste une bonne initiative de montrer une société égalitaire à la fin du XIXe.

Passons maintenant aux personnages. On en a trois principaux : il y a d’abord Carmine, une jeune bouchère — ou louchébem, comme on dit à Larispem — noire qui n’a pas sa langue dans sa poche et n’hésite pas à montrer qu’elle n’a pas peur des autres. J’ai apprécié son côté tête brûlée mais quand même un peu fragile, notamment concernant sa famille. Elle est très amie avec Liberté, qui est une jeune femme venant de la province française et qui tente de se faire une place en tant que mécanicienne : elle est bien plus timide et renfermée que sa camarade, ce qui donne un duo assez haut en couleur, mais j’aime beaucoup l’amitié qui les lie. Enfin, on suit l’évolution de Nathanaël, qui comme vous l’avez lu dans le résumé est orphelin ; c’est un garçon que j’ai malheureusement trouvé un peu plat, mais comme c’est ainsi que le définissent tous les personnages qui l’entourent, je suppose que c’est normal. La dynamique un peu déséquilibrée de Carmine et Liberté d’un côté, Nathanaël de l’autre est parfois un poil agaçante, parce que la trame des filles avance du coup deux fois plus vite que celle de Nathanaël, mais bon.

J’en viens au plus gros défaut du livre, selon moi — défaut qui reste cependant supportable puisque j’ai quand même donné quatre étoiles au livre : le rythme. C’est un point qui est souvent délicat dans les romans, et Les mystères de Larispem ne déroge pas à la règle. Même si je trouvais les personnages et l’univers intéressants, l’intrigue met pas mal de temps à se mettre en place, et c’est quand même dommage. Au début, on suit les aventures de ces trois adolescents en se disant un peu « bon bah, c’est cool tout ce qui leur arrive, mais c’est quoi la finalité ? ». Parce qu’on se doute bien qu’il va se passer quelque chose, mais vu qu’on suit deux histoires en parallèle, on met du temps à comprendre ce qui relie les personnages, et surtout quelle est la véritable intrigue. Il n’y a pas grand chose qui implique de quelconques rebondissements dignes de durer sur plusieurs tomes au début, surtout dans la trame des filles ; chez Nathanaël c’est différent, il y a un petit côté « enquête » dès le début qui est totalement absent du côté de Carmine et Liberté.

Parlons enfin de l’intrigue en elle-même, puisque même si elle a mis du temps à démarrer, elle est bel et bien présente. Je ne voyais pas trop vers quoi on allait franchement ; dès le début, on a quelques éléments disséminés ça et là (par exemple la mention des Frères du Sang, le slogan « Le sang jamais n’oublie » etc.) mais honnêtement… je comprenais pas où ça allait. Alors heureusement, ça finit par avancer, surtout grâce à Nathanaël comme je vous l’ai dit. C’est à travers son côté de l’histoire qu’on va comprendre de quoi il s’agit, même si les filles apportent des éléments de leur côté aussi. On reconstitue une intrigue à travers ces différents points de vue, un élément à la fois, ce qui est plutôt plaisant. Le seul truc que j’ai à y reprocher, c’est que ce que j’adore dans l’univers construit, c’est tout le côté technologique et historique. Or, l’intrigue repose plus ou moins sur une pointe de magie / surnaturel qui vient un peu « gâcher » ce qui avait été élaboré jusqu’à présent. Mais bon, il faut que je lise la suite pour me faire réellement une idée de tout ça — puisque si l’intrigue se met en place progressivement, l’action devient réellement prenante à la fin du roman. Malheureusement.

Pour résumé, je dirai que le défaut majeur de ce roman, c’est son rythme. Le livre est court avec ses 250 pages et quelques, et de fait, on a plus l’impression de lire une très longue introduction qu’autre chose. Le second tome est bien plus épais (je l’ai emprunté mais pas sûre de pouvoir le lire tout de suite malheureusement), donc j’espère qu’on ne pâtira pas de ce symptôme d’action à retardement ! En dehors de ça, Les mystères de Larispem est un roman qui a beaucoup de potentiel, avec des personnages intéressants et un univers bien à lui. À suivre donc.

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2 réflexions au sujet de “[Roman] Le sang jamais n’oublie • Lucie Pierre-Pajot”

  1. C’est spécial comme concept, mais plutôt innovateur dans son approche! Personnellement, je n’avais jamais vu de livres où les basses classes étaient dominantes! Par contre, j’ai du mal à voir le rapport avec le sang? J’imagine que l’intrigue doit tourner autour de ça, haha

    L’idée d’un mode alternatif me plaît bien. J’avais déjà essayé avec Wolf by Wolf, et ça peut donner des trames crédibles! J’ai juste du mal à saisir le lien entre tous les personnages et le contexte de l’histoire, mais ça, ça se découvre en lisant le roman 😛

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    1. Le rapport avec le sang apparaît au fur et à mesure du livre, t’inquiète pas 😛 moi aussi au début je me demandais franchement d’où ça pouvait bien venir ^^

      Je pense que c’est une lecture assez intrigante, donc tu pourrais y trouver ton compte ! Le rapport de force entre les basses classes et la noblesse est plutôt bien amené, et c’était sympa de voir une autre vision du Paris que nous connaissons 🙂

      J'aime

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