Roman, Romance, Young-adult

[Roman] Eliza and her Monsters • Francesca Zappia

Le mois de mai se passe bien ? Vous profitez de tous les ponts pour vous reposer et lire ? Personnellement je suis en pleine période de stress parce que ma soutenance et mon partiel arrivent très vite mais bon. À côté de ça j’essaye de prendre le temps pour lire, même si je ne suis pas trop dans le mood. L’autre fois j’ai quand même lu et terminé ce livre que j’avais beaucoup vu sur les blogs et sur Instagram. La critique en bref :

Première parution : 30 mai 2017 (VO) / 18 janvier 2018 (VF) • De Francesca Zappia • Ma note globale : ★★★★☆

J’ai lu l’édition Greenwillow Books

eliwq

Résumé

(Résumé pris sur le site Lisez!)

Dans la vie de tous les jours, Eliza Mirk est une fille timide, intelligente, un peu étrange et… qui n’a pas d’amis.

Dans sa vie en ligne, Eliza est LadyConstellation, créatrice anonyme de La Mer infernale, un webcomic extrêmement populaire.

Avec des millions de followers et de fans à travers le monde, son alter ego est une véritable star.

Mais Eliza ne peut s’imaginer aimer le monde réel plus qu’elle n’aime sa communauté numérique.

Puis, un jour, Wallace Warland arrive dans son lycée et Eliza va vite se demander si la vie ne mérite pas d’être vécue hors ligne…

Mon avis

J’attendais beaucoup d’Eliza and her Monsters. On m’avait vendu une super histoire sur une fangirl et un garçon qui rentre dans sa vie, sur l’importance des amitiés virtuelles que beaucoup de parents — et de gens tout court — ne comprennent pas… Au final, ce livre n’a pas totalement correspondu à mes attentes. Explications (en prenant en compte qu’avec le retard que j’ai cumulé dernièrement, ça fait environ deux semaines que je l’ai fini).

On va commencer par le personnage d’Eliza. Comme on s’en doute avec le résumé, Eliza est une fangirl, un peu (beaucoup) casanière sur les bords. Elle vit avec ses parents et ses deux frères, qui apparaissent de prime abord comme la caricature de la famille sportive ; elle est donc le vilain petit canard et ne trouve pas sa place dans cette famille extravertie. Je trouve que son personnage est un peu stéréotypé — la fille qui prend pas soin d’elle et qui ne sait pas comment se comporter en société — mais j’avais de la sympathie pour elle : elle tient énormément à ses amis, elle se débrouille par elle-même pour gérer son fandom et ses finances, elle a énormément d’imagination mais un manque cruel de confiance en elle. Eliza, c’est l’archétype de la créatrice mal à l’aise avec les gens ; une sorte de Luna Lovegood qui ne s’assume pas.

J’ai trouvé un peu dommage que son art soit plus une boîte dans laquelle elle s’enferme que quelque chose lui permettant de s’épanouir. Après, c’était aussi le but du roman, de parler des gens qui s’enferment dans un monde imaginaire et tournent complètement le dos à la réalité, mais j’ai trouvé dommage qu’Eliza soit aussi bornée : même si ses parents ne comprennent pas, elle n’essaye absolument pas de partager avec eux sa passion, et ne parlons même pas de ses frères qu’elle considère presque comme appartenant à une tout autre espèce ! Le roman était du coup un peu lourd à certains moments, parce que le comportement d’Eliza était vraiment seulement porté sur la confrontation.

Parlons maintenant de Wallace, que j’ai apprécié au début, et que j’ai juste eu envie de jeter du haut d’un pont par la suite. C’est un personnage très mystérieux au départ, car il ne s’exprime que par écrit, bien qu’il ne semble pas muet ; certains détails de sa vie sont assez étranges, et Eliza va mettre du temps à savoir ce qui se passe réellement dans la vie de son nouvel ami. Au fur et à mesure qu’on le découvre, Wallace s’ouvre un peu plus, et je m’y attachais presque… Jusqu’à ce qu’il se comporte comme le pire des égoïstes et qu’il me donne envie de lui faire bouffer ses feuilles.

Le fait est que la première moitié de l’histoire est relativement simple (Eliza n’a pas d’amis, puis elle rencontre Wallace et tout va bien dans le meilleur des mondes), mais la seconde dévoile des côtés bien plus profonds et intéressants. On aborde l’anxiété et les crises de panique, la dépression, la perte de confiance (en soi et envers les autres), bref, il y avait énormément de choses très importantes. Eliza traverse une période extrêmement difficile, et Wallace se comporte comme un abruti fini, et ça je n’ai vraiment, mais alors VRAIMENT pas apprécié. À un moment où sa copine aurait vraiment besoin d’être soutenue et aidée mentalement, il ne pense absolument qu’à sa tronche et trouve que c’est elle qui se comporte comme une égoïste. C’était fini pour moi à partir de là, j’ai vraiment renoncé au personnage de Wallace et me suis seulement tournée vers Eliza.

Parce que même si j’ai relevé pas mal de défauts jusque là dans cette chronique, le fond de l’histoire est quand même super. Eliza est une jeune femme peut-être un brin renfermée qui préfère ignorer le reste du monde que d’essayer de le comprendre, mais elle reste foncièrement gentille et débrouillarde. Elle a une imagination débordante, mais grâce à Wallace (au début) elle finit par sortir un peu de sa coquille, et c’était vraiment une très bonne chose. Le roman aborde beaucoup de thèmes très proches les uns des autres, comme la solitude et l’isolation, la pression sociale, médiatique, familiale, et s’intéresse aussi, comme je l’ai dit auparavant, à la santé mentale, un point EXTRÊMEMENT IMPORTANT, surtout à notre époque, où on commence enfin à arrêter de faire comme si la dépression, l’anxiété et tout le reste n’étaient pas des maladies qu’on doit reconnaître.

Un dernier mot sur la romance de l’histoire, hein, vous me connaissez. Je commence réellement à me demander si je ne suis pas faite pour les histoires d’amour (pourtant vous n’imaginez pas comment je les attends dans la plupart de mes lectures), mais j’ai vraiment du mal avec les livres qui ne sont centrés qu’autour de ça. En l’occurrence ici, il y avait beaucoup d’autres choses très importantes qui ont fait que ça ne me gavait pas. La romance est présente mais concrètement, elle n’a pas grand chose d’important. Mais encore une fois, j’en ai marre du cliché de la fille qui n’a jamais rencontré personne et qui tombe sur UN mec, et forcément c’est le bon. Appelez-ça la magie de l’amour ou le destin si vous voulez, moi ça me gonfle un poil. D’autant que l’histoire aurait très bien pu fonctionner si Wallace et Eliza étaient simplement amis : on aurait eu une toute autre dynamique, tout aussi importante, et ça n’aurait franchement rien changé à l’histoire, je pense.

Eliza and her Monsters n’avait finalement rien à voir avec Fangirl, mais c’était quand même une bonne lecture. Le plongeon dans la pop-culture et les communautés de fans, sans devoir se heurter à ces stéréotypes que l’on retrouve tout le temps, c’était une bouffée d’air frais. En plus de ça, on suit vraiment une évolution dans le caractère d’Eliza tout au long du livre : j’ai vraiment eu l’impression de la voir grandir et s’affirmer en tant qu’adulte responsable, sans non plus rester enfermée dans sa solitude en se disant que c’est très bien comme ça et que bouhou, personne ne l’aime et la comprend. Si on met de côté Wallace, c’était une bonne lecture. Vraiment.


Un petit mot pour m’excuser de mon absence prolongée et surtout de mon retard sur mes chroniques. Je suis tellement en retard que du coup, je ne me rappelle plus exactement de mes lectures, et c’était un peu difficile d’écrire cette chronique. Je vais essayer de rattraper le temps perdu, d’autant que ça y est : j’ai passé tous mes examens et ma soutenance, je suis en vacances !

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4 réflexions au sujet de “[Roman] Eliza and her Monsters • Francesca Zappia”

  1. Je n’ai pas lu Fangirl donc je ne peux pas évaluer la différence entre les deux livres, mais j’ai beaucoup aimé Eliza and Her Monsters ! Je trouve qu’il y a bien plus dedans que les communautés de fan, y a vraiment un fond émotionnel dans tout ça…

    Comme toi, j’ai pas adhéré au comportement d’Eliza avec sa famille alors qu’elle cherche seulement à l’intégrer ! Mais alors Wallace… Que j’avais envie de le bougner (j’ai été déçue par la décision d’Eliza de rester avec), il est si égoïste bordel ! 😡

    À ce qui paraît, l’auteure envisage d’écrire Monstrous Sea, un peu comme Rainbow Rowell avec Carry On ! Franchement, je serais bien intéressée 😁

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    1. Oui j’ai beaucoup apprécié le fait que l’auteure se serve des communautés de fans pour parler de dépression / anxiété sociale ! C’est un phénomène de plus en plus courant (ou alors de plus en plus visible) et c’est important de le mettre en avant 🙂
      Mais ça n’empêche que j’ai trouvé assez exaspérant l’attitude d’Eliza parfois. Sans parler de Wallace, bien évidemment, que j’aurais bien précipité au fond d’un puits…
      Oh ça pourrait être bien sympa de lire Monstrous Sea du coup 😛

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    1. C’est l’un des plus gros défauts du livre, effectivement… Après c’était quand même une très bonne lecture ! Les thèmes abordés comme la dépression ou les crises de panique donnent de la visibilité aux maladies mentales, et l’évolution du personnage d’Eliza est quand même agréable à suivre ^^

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