Coup de cœur, Dystopie, Roman, Science-fiction, Young-adult

[Roman] La Faucheuse • Neal Shusterman

Cet article aurait dû être écrit et posté il y a facilement trois semaines. Voire un mois. Je suis totalement à la ramasse, j’avais extrêmement mal estimé le temps qu’il me restait pour faire mes dossiers de fac et du coup j’ai perdu absolument toute motivation à faire quoi que ce soit d’autre que pleurer sur mon sort. MAIS BREF. Ce roman me tentait vraiment beaucoup, et je l’ai vu à la bibliothèque. Donc je l’ai directement embarqué. La critique en bref :

Première parution : 22 novembre 2016 (VO) / 16 février 2017 (VF) • De Neal Shusterman • Ma note globale : ★★★★★

J’ai lu l’édition Robert Lafont

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Résumé

(Résumé pris sur la page Lisez! du roman)

Les commandements du Faucheur : Tu tueras. Tu tueras sans aucun parti pris, sans sectarisme et sans préméditation. Tu accorderas une année d’immunité à la famille de ceux qui ont accepté ta venue. Tu tueras la famille de ceux qui t’ont résisté.

MidAmérique, milieu du 3e millénaire. Dans un monde où la maladie a été éradiquée, on ne peut plus guère mourir qu’en étant tué aléatoirement (« glané ») par un faucheur professionnel. Citra et Rowan sont deux adolescents qui ont été sélectionnés pour devenir apprentis-Faucheurs ; et, bien qu’ils aient cette vocation en horreur, ils vont devoir apprendre l’art de tuer et comprendre en quoi cette mission est bel et bien une nécessité.

Mais seul l’un des deux adolescents sera choisi comme apprenti à part entière, et lorsqu’il devient clair que la première tâche du vainqueur sera de glaner la vie du perdant, Citra et Rowan se retrouvent dressés l’un contre l’autre bien malgré eux…

Mon avis

Je ne suis clairement pas fan des dystopies. Pas que le genre soit nul ou inintéressant, en soit je trouve qu’il soulève souvent des problématiques très intéressantes. Mais au niveau du young adult, je trouve que le genre est souvent trop propice à faire un.e héro.s.ïne prodige qui va sauver le monde entier, ou alors que le côté politique disparaît derrière des intrigues amoureuses foireuses. Mais j’ai kiffé La Faucheuse !

Quand j’avais lu pour la première fois le résumé, je me suis dit que l’idée était super bien trouvée : une société où la mort a disparu, ce qui fait qu’il faut bien réguler d’une façon ou d’une autre la population si on ne veut pas se retrouver avec une planète trop petite pour abriter tout le monde. L’univers qu’a développé Neal Shusterman (je suis jamais trop sûre de l’orthographe de son nom) est vraiment très intéressant. Il a pensé son système politique jusqu’au bout, même si ça relève de la science fiction pure et dure avec un ordinateur super intelligent qui régule absolument tout et peut même parler avec les hommes. C’est un élément un peu gros dans l’histoire mais ça ne m’a pas dérangée plus que ça.

Enfin, entrons dans le vif du sujet avec les personnages. On rencontre, dans deux chapitres successifs, les héros du roman : il y a Citra, qui a toujours eu une vie agréable, et Rowan, qui n’a jamais été sur le devant de la scène. Tous deux croisent un jour la route d’un Faucheur, Maître Faraday, et leur comportement poussera le faucheur à les prendre tous deux comme apprentis. Le fait est que ce sont deux jeunes gens aux caractères très forts, mais surtout incroyablement humains et intègres. C’est d’ailleurs pour ça que Faraday les choisit comme apprentis : car ce sont ceux qui rechignent le plus à faire le travail de faucheur qui se révèlent être les plus aptes.

Chaque faucher a sa propre façon de procéder, comme on le découvre très rapidement. Maître Faraday se base sur les statistiques pour choisir ses cibles ; d’autres font ça complètement au hasard. Le tout est totalement morbide, mais aussi profondément intéressant. Les faucheurs doivent suivre des commandements précis, qui leur interdisent par exemple de concentrer leurs glanages sur une certaine population. Au final, tout le système des faucheurs est très bien pensé et construit, et même si on se dit que c’est un peu horrible comme technique, on en comprend très vite la nécessité, tout comme le font les héros. Ils vont apprendre toutes les méthodes pour glaner — et non tuer — les gens, mais en le faisant avec respect, et sans les faire souffrir. Même si ça semble assez surprenant, il est réellement question d’éthique, une chose que Maître Faraday inculque très tôt à ses apprentis… Avant qu’ils soient séparés tous les trois, et que Citra et Rowan se trouvent sous la responsabilité d’autres faucheurs.

Une éthique qui n’est cependant pas respectée par tous. Les faucheurs n’obéissant à aucune loi que la leur, certains font les choses à leur manière, et la cruauté est parfois de mise. Rowan se retrouve apprenti de l’un de ces faucheurs, le chef d’une bande qui opère donc en groupe, chose assez rare pour être soulignée, et qui semble surtout prendre un malin plaisir à tuer. Et bien qu’il se l’interdise, Rowan comprend peu à peu d’où leur provient ce plaisir. De son côté, Citra devient l’apprentie d’une véritable héroïne des faucheurs, dont l’éthique est très proche de celle de Faraday. On suit donc deux façons de voir extrêmement différentes, et ce que je trouve très intéressant, c’est qu’on comprend toutes les visions de ce « métier » de faucheur, tout ce qu’il implique et tout ce qu’en retirent les faucheurs.

Je pourrais parler encore longtemps de cet univers et de cette histoire de faucheurs que je trouve terriblement intéressante et qui donne matière à réfléchir, mais il faut quand même que je parle du reste du livre. Évidemment, l’intrigue ne se contente pas de suivre Citra et Rowan dans leur apprentissage : il apparaît très vite qu’il existe dans le monde des faucheurs une corruption qui va les placer tous les deux sous le feu des projecteurs, mais pour des raisons bien différentes. Au début, j’avais peur qu’on doive se contenter de lire leur apprentissage, mais l’intrigue qui se met en place par la suite est tout aussi prenante. Le suspens mis en place tient jusqu’à la fin, et j’ai donc dévoré le livre.

Plus j’y repense, plus je me dis que ce roman a tout du coup de cœur pour moi. C’est une lecture young adult / science fiction / dystopie qui m’a véritablement donné matière à réfléchir. Au final, la société qu’a construite Shusterman n’est peut-être pas si éloignée dans le temps que ça de la nôtre. En plus, encore une fois, j’apprécie beaucoup le fait qu’il ait présenté plusieurs « visions » des faucheurs, sans en faire des êtres terrifiants ou au contraire formidables. Tout le livre souligne la perversité des humains et la corruption à laquelle certains succombent. En bref, c’était une lecture formidable, et je compte bien me les acheter — j’ai vraiment aimé ce roman.

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8 réflexions au sujet de “[Roman] La Faucheuse • Neal Shusterman”

    1. J’ai vraiment, vraiment adoré ! Je ne pensais pas pourtant, je suis absolument pas branchée dystopie de base, mais celle-ci vaut vraiment le coup d’être lue. Le concept est intéressant, les personnages sont humains et ne souffrent pas du syndrome du héros, l’intrigue est un peu lente à se mettre en place mais prenante une fois qu’elle est lancée… Bref c’est un super roman 😀

      Aimé par 1 personne

  1. Je lis tellement de bons avis dessus, et ma copie prend la poussière depuis des lustres sur la bibliothèque… J’avais perdu de ma motivation pour le lire, je sais pas si c’est sa popularité ou quoi qui avait rebutée, mais mon intérêt revient petit à petit 😛
    J’espère le lire bientôt quand même, avant que le troisième tome ne sorte de préférence xD

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    1. Oui je comprends, des fois quand on lit trop de bons avis sur un livre c’est difficile de se lancer dedans, parce que si jamais il n’est pas mauvais mais pas à la hauteur de ce qu’on attendait, la déception est totale 😉 Mais je pense que ce livre vaut vraiment le détour, je lis pas beaucoup de dystopies mais j’ai trouvé celle-ci très originale et bien construite ^^
      Et oui, autant t’y mettre maintenant parce que sinon tu vas devoir rusher ta lecture si ça te plaît :p

      Aimé par 1 personne

      1. Oui, puis j’étais pas d’humeur avec la romance (j’avais entendu une histoire d’insta-love?), et tu connais ma frustration pour les romance niaises xD

        J'aime

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