Fantastique, Roman, Young-adult

[Roman] Une braise sous la cendre • Sabaa Tahir

Ça faisait longtemps que je voulais lire ce livre. À vrai dire j’avais lu le résumé de ce premier tome il y a longtemps, et il était sur ma liste de romans à acquérir depuis déjà quelques temps, mais il ne me faisait pas suffisamment envie pour faire partie de ceux qui sont dans mon panier Amazon « en attendant que je craque ». Bref, je l’ai trouvé à la bibliothèque, et je me suis dit qu’il était temps que j’arrête de faire ma snob à vouloir lire qu’en anglais quand j’ai la possibilité de le faire en français et gratuitement — en tant que future traductrice c’est quand même un peu concon. La critique en bref :

Première parution : 28 avril 2015 (VO) / 15 octobre 2015 (VF) • De Sabaa Tahir • Ma note globale : ★★★★☆

J’ai lu l’édition PKJ (525 pages)

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Résumé

Il y a cinq cent ans, les Martiaux ont pris le pouvoir, réduisant le peuple des Érudits en esclavage. Une lignée impériale s’est établie, et l’Académie Blackcliff a été établie afin de former les meilleurs éléments de l’armée Martiale.

Laia, une jeune Érudite, voit un soir ses grands-parents se faire assassiner et son frère emprisonner. Bien décidée à le sortir de là, elle va tenter le tout pour le tout : retrouver la Résistance, dont faisaient partie sa mère et son père, aujourd’hui décédés, et leur demander de l’aide. Ces derniers n’acceptent qu’à une condition : qu’elle infiltre en tant qu’esclave Blackcliff.

Elias est en dernière année de formation à Blackcliff. Meilleur élément de sa promotion et fils de la Commandante, la directrice de l’école, il n’a pourtant qu’un seul souhait : déserter et se soustraire à la vie brutale qu’on lui a imposée. Mais les choses se compliquent lorsqu’une ancienne prophétie choisit quatre candidats pour devenir le futur empereur du pays.

Chacun de leur côté, Elias et Laia vont tenter de tout faire pour sauver ce qui leur est cher, et quitter cet empire malsain.

Mon avis

C’est le retour du résumé pourri mais fait par mes soins, parce que je trouve que le résumé de la quatrième de couverture n’introduit absolument pas l’histoire. Bref. Comme beaucoup de romans que je commence parce que je les ai vus traîner sur Instagram, je ne savais pas franchement de quoi parlait Une braise sous la cendre. Enfin je savais qu’il était question d’un peuple opprimé et d’une fille qui allait se battre, mais c’était à peu près tout.

J’aime beaucoup l’univers qui se construit dans ce livre. Il est question du peuple Martial, qui a conquis tous les autres il y a plusieurs siècles, réduisant en esclavage les Érudits — dont fait partie Laia, l’héroïne — et laissant d’autres tribus plus ou moins libres pour profiter de leurs ressources. On découvre au fur et à mesure l’histoire de ces populations, mais la construction est assez artificielle ; les choses sont racontées comme si on assistait à un cours d’histoire, et c’est parfois un peu lourd. Heureusement que l’intérêt de cette histoire en elle-même est là. J’ai trouvé un peu cliché d’opposer les bonhommes doués dans l’art du combat aux intellos, mais l’idée que les deux peuples sont extrêmement performants dans leur art est quand même plutôt cool.

Mais je n’ai pas tout à fait saisi l’intérêt des éléments fantastiques. Il s’agit là d’un premier tome, donc ils ont tout le temps d’être développés dans la suite, mais j’avoue ne pas franchement comprendre pourquoi insérer l’existence de goules et autres djinns — qui restent pertinents dans le contexte un peu oriental, désert tout ça qui me rappelle un peu Rebel of the Sands — alors qu’ils n’ont aucun rôle à jouer dans cette histoire. On découvre des personnages aux pouvoirs surnaturels, les Augures, qui comme leur nom l’indique voient l’avenir ; ça c’était pertinent. Mais les créatures fantastiques qui ne sont qu’introduites à la va-vite en mode « oh mais en fait, toutes ces histoires qu’on entend depuis qu’on est petits sont réelles ! », j’ai trouvé que ce n’était pas très bien amené. Au fur et à mesure de l’histoire, on comprend plus ou moins que tout cela est lié à la prophétie des Augures qui indique l’avènement d’un nouvel empereur Martial, mais … je ne sais pas. J’ai trouvé que c’était beaucoup trop superficiel. J’espère que la présence de fantastique prendra plus d’importance et / ou sera mieux amenée dans la suite.

Concernant les personnages, je n’ai pas eu de gros coup de cœur, mais je n’ai pas non plus détesté les principaux. Laia est une jeune fille intelligente et plutôt lâche, et je dois avouer que, aussi paradoxal que cela puisse paraître, je trouve cela assez rafraîchissant. On a toujours des héroïnes badass, et c’est super, mais voir une gamine qui préfère prendre ses jambes à son cou quand elle en a l’opportunité plutôt que rester pour affronter les problèmes, ben je trouve que c’est cool. Plus réaliste, parce que franchement je sais pas vous, mais si on me menaçait d’un sabre, je ferai la carpette au lieu de faire la fière. En plus, Laia va quand même tenter d’être courageuse pour sauver son frère, et elle a un minimum de jugeote qui lui évite de se retrouver dans des situations qu’elle aurait pu facilement éviter.

L’autre personnage principal, c’est Elias, et lui je le trouve vraiment intéressant, au niveau de sa psychologie. Alors que tout le monde autour de lui n’est intéressé que par la violence, il répugne à maltraiter ceux qui l’entourent, et ne supporte plus l’esclavagisme qu’a imposé son peuple aux Érudits. Malgré les conséquences, il préfère assumer ses convictions plutôt que de se plier aux règles qu’on lui enfonce dans le crâne depuis qu’il est tout petit, il remet en question ce qu’il entend et ce qu’il vit, bref, il réfléchit, et ça fait du bien d’avoir un personnage qui réfléchit. Il est courageux et entier, et je l’ai beaucoup apprécié.

Celle que j’ai eu envie de claquer par contre, c’est Helene. URGH. Au début, je l’appréciais beaucoup, car c’est la seule fille de l’Académie, elle s’est faite une place dans cet espace rempli de mâles, elle est forte, courageuse, mais sa fierté mal placée a fini par avoir raison de mon affection pour elle. Elle a un peu réussi à redresser la barre à la fin, mais elle m’a quand même couru sur le haricot une bonne partie du livre, et comme ce n’est pas un personnage principal, je ne vais pas m’étendre plus que ça.

Parlons maintenant de l’intrigue. On cause résistance, esclavagisme, armée, prophétie, il y a beaucoup de choses qui se passent dans ce roman. Et comme d’habitude *prend un air dramatique* tout est lié ! Plus sérieusement, il y a plusieurs éléments que j’ai trouvé un peu gros au début — genre le fait que les deux personnages principaux soient peu ou prou les enfants des personnalités les plus influentes de chaque côté — mais qui finalement s’intègrent plutôt bien à l’histoire. J’avais peur du côté « je suis l’élu », surtout avec cette histoire de prophétie, donc j’ai été ravie de voir que Sabaa Tahir a évité de tomber dans la facilité en laissant à ses personnages une volonté et un destin qui leur sont propres.

Le rythme de l’intrigue est graduel, on a une période de mise en place assez lente, et les choses commencent à s’accélérer quand tout est bien installé ; chaque personnage est à sa place, on a les grandes lignes de l’histoire, c’est partie ! L’action est constante, et le fait qu’on apprenne au fur et à mesure des éléments qui viennent se rajouter à l’histoire principale pour lui donner un peu plus de profondeur garde du suspens pour nous empêcher de reposer le livre. J’ai fini le livre en en lisant plus de la moitié en une journée parce que je me suis retrouvée prise dedans, alors que le début était juste plaisant à la lecture.

Seul inconvénient je trouve, mais ça c’est personnel : l’alternance des points de vue. Si vous lisez régulièrement mes chroniques, vous savez que je grimace toujours quand je lis des romans écrits à la première personne ; ici ce n’est pas tant la focalisation qui m’a posé problème que la réalisation de l’intrigue. Le fait d’alterner entre Elias et Laia m’a parfois perturbée parce qu’on se plonge dans la partie de l’un ou de l’autre, et puis pouf ! on arrête tout, on revient à l’autre et on ne sait plus ce qui se passait avant. Petit inconvénient donc.

Mais je trouve ce roman plutôt réussi en soi, j’aime l’intrigue et les personnages, et surtout j’ai hâte de savoir ce qui va pouvoir se passer dans la suite, vu comment ce premier tome se termine !

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4 réflexions au sujet de “[Roman] Une braise sous la cendre • Sabaa Tahir”

  1. Hélène est le personnage que j’ai préféré! J’ai aimé sa complexité et sa franchise (je sais pas pourquoi, mais j’avais le pressentiment que tu allais avoir du mal avec elle xD). Heureusement, on en saura un peu plus avec le deuxième opus 😀

    J’en ai vu plein critiquer Laia, mais franchement, qui n’aurait pas peur dans un contexte pareil? Je l’ai trouvé courageuse malgré sa peur (j’ai juste été déçue par sa naïveté, c’était tellement évident)… Hmmm.

    Quant à Elias, j’ai bien aimé sa personnalité, mais il aurait pu faire des efforts avec Hélène. J’ai l’impression que l’auteure a fait exprès pour dramatiser les choses… Quand t’es meilleur(e) ami(e) avec quelqu’un tu laisses pas les choses comme ça, sans chercher à comprendre!

    Je te rejoins pour le côté fantastique de l’histoire, s’il n’y avait pas eu les monstres, les augures et les masques j’aurais jamais deviné qu’il s’agissait d’un livre fantastique. Ca penche plus vers la dystopie mais bon… J’espère en apprendre plus sur cette « magie » parce qu’on sait pas d’où ça sort finalement!

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    1. Elle a des côtés très intéressants, mais je trouve qu’elle perd totalement de sa force quand elle commence à se comporter comme une nigaude amoureuse et jalouse dès qu’Elias parle de Laia, c’est vraiment dommage. Il y avait beaucoup de potentiel, ça aurait fait un personnage féminin fort, qui n’est pas l’héroïne principale et qui en est même totalement l’opposée !
      Parce que je trouve Laia au contraire super intéressante, j’aime beaucoup le fait qu’elle soit justement un peu lâche. Mince quoi, j’aimerais pas me retrouver à sa place, moi je serai morte dans une ruelle à sangloter sans savoir quoi faire :p
      Oui non, le côté fantastique j’ai pas trop capté honnêtement :/ je suppose que ça prendra plus d’importance par la suite, mais jusque là c’était tellement … sorti de nulle part ! Enfin j’espère que la suite donnera plus de profondeur à tout ça !

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